Braika s’en est allé rejoindre les justes

, par  Farid Righi , popularité : 5%

Hier,croyant que j’allais passer une journée pas comme les autres , une journée paisible, une journée que je souhaitais différente des autres, j’ai été pris de torpeur quand un ami entra brusquement dans mon bureau pour m’apprendre que ma ville venait de perdre à jamais un de ses enfants chéri.

Rabah est parti loin, loin me dit-il,comme il l’a toujours été de son vivant. Je ne sais pas pourquoi, alors que ni son age ni sa mission n’étaient ceux du jeune facteur, je me suis mis à chanter en silence "le jeune facteur est mort , il n’avait que dix sept ans".

Aujourd’hui, je suis inondé par l’angoisse de ne plus revoir celui qui pour certains était un anti-héros, pour d’autres une victime de l’oubli et de l’injustice et pour d’autres encore un monument.

Je garderai pour le restant de ma vie de ce Monsieur l’image de l’homme qui, au faubourg des martyrs ou dans les alentours du lycée Madoui, allongé sur le trottoir comme pour défier la société, nous regardait passer sans nous voir ou nous écoutait sans nous entendre. Tu n’es pas mort Rabah car un symbole ne meurt jamais. "Le jeune facteur est mort,il n’avait que dix sept ans,... il est parti" G.Moustaki.

Farid Righi.

Photographie : Lahcène Aktouche à gauche avec Rabah Braika à droite.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria