Un attentat qui embarrasse Bouteflika

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Le carnage qui a eu lieu à Bordj Bouarreridj, qui fait des victimes parmi les gendarmes et les citoyens, est passé comme un non événement. Aucune réaction politique n’a été enregistrée à propos de ce carnage, à l’exception de celle du Rassemblement Nationale Démocratique. Non pas parce qu’il est un parti plus nationaliste que les autres partis actifs sur la scène nationale et non pas parce que les algériens n’éprouvent aucune peur face à la mort…mais parce que, tout au contraire, le carnage de Bordj Bou Arreridj est parmi les attentats terroristes les plus terrifiants, pour plusieurs raisons.

La première, c‘est parce que le bilan est très lourd. Ce bilan que même les groupes terroristes n’ont pas pu réaliser lorsqu’ils bénéficiaient du facteur « surprise », soit, avant que les forces de sécurité et les citoyens ne s’habituent à la situation. Soit, lorsqu’ils ne s’attendaient pas à ce que l’Algérie arriverait un jour à un tel niveau de folie.
La deuxième raison qui fait que ces attentats soient plus effrayants que les autres, c’est le lieu et le temps où ils ont été perpétrés : au niveau de la route nationale n°5, pas loin du siège de la wilaya et à une heure préférée par plusieurs chauffeurs un certain 17 juin, où la température descend et la visibilité reste parfaite pour une longue distance. Pendant tout ce temps, trente terroristes ont réussi à ramener leurs camions et à fermer la route et guetter les pauvres gendarmes.

La troisième raison qui fait de l’attentat de Bordj Bou Arreridj parmi l’un des plus importants attentats en Algérie depuis le début du terrorisme, c’est le fait qu’il ne soit pas perpétré à l’approche des élections présidentielles ou législatives, ou même locales et c’est qu’il n’a pas été commis alors que tous les imams du monde musulman et ses savants regardaient ce qui se passait en Algérie, sans que personne d’entre eux n’annonce une fetwa contre l’effusion du sang des algériens.
Cet attentat n’a également pas été perpétré lorsque la classe politique en Algérie était partagée entre celui qui accuse les islamistes d’être derrière ces attentats et celui qui accuse les renseignements et forces de sécurité….ce qui s’est passé à Bordj Bou Arreridj ne s’est pas produit lorsque l’Algérie cherchait une sortie de sa crise économique, lorsque le trésor public était à sec et lorsque les entreprises de l’Etat ne produisaient pas.

En somme, l’année 2009 signifie que 18ans se sont écoulées depuis le début de la crise sécuritaire en Algérie, et dans un moment où les forces de sécurité avient acquis une expérience suffisante dans la lutte antiterroriste et dans la prévoyance de tout attentat terroriste. L’année 2009 signifie également que dix ans se sont écoulés depuis l’organisation du référendum sur la concorde civile et quatre ans depuis le référendum sur la paix et la réconciliation nationale, et après que toutes les cartes politiques, qui justifiaient les attentats terroristes, n’aient plus de valeur. Les groupes terroristes ne demandent plus « la libération des Cheikhs du FIS », ni « le retour au processus électoral »….et malgré tous ces développements, ils sont toujours là, capables de frapper quant ils veulent et par la manière qu’ils veulent, et pas seulement par les attentats suicides qui signifiraient une phase de désespoir, comme l’a dit si souvent Zerhouni.

El-Khabar

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria