Révoltes de Fadhma N’Soumer et El Mokrani : des centaines de sépultures ont été découvertes au village d’Icharriden

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Des centaines de tombes, qui dateraient des révoltes de Lala Fadhma n’Soumer (1857) et Cheikh El Mokrani (1871), ont été découvertes, depuis janvier dernier, à ce jour, au village d’Icharidhen (daïra de Larbaâ-Nath-Irathen), lors de travaux d’excavation réalisés dans un chantier d’une Maison de jeunes.

Au nombre de 650 environ et réparties sur une surface de centaines de mètres carrés, ces tombes, dont des dizaines ont été déplacées pour cause de travaux, devraient être regroupées dans une stèle que le comité de village envisage de réaliser dans les prochains mois. Rencontrés vendredi dernier, lors d’une cérémonie organisée dans ce village historique, les représentants des villageois disent “avoir eu l’autorisation du ministère des Moudjahidine pour déplacer ces tombes”, mais en appellent “aux historiens et chercheurs pour daigner venir sur place et procéder aux études et relevés idoines, et tenter de cerner et replacer cet ossuaire dans l’histoire et reconstituer peut-être les actes de ces deux épisodes glorieux de la résistance anticoloniale”.

“Selon les récits de nos aînés, ce sont des centaines de combattants, venus des Ath Menguellat, Ath Yenni et l’actuelle Mekla en sus des résistants des Ath Irathen, qui seraient enterrés ici. Ces combattants seraient tombés lors de la révolte conduite par Lalla Fadhma n’Soumer, contre les troupes du maréchal Randon lors de sa conquête de la Kabylie en 1857, et de l’insurrection d’El Mokrani de 1871”, nous dit, sur place, un quinquagénaire.

Des événements vécus douloureusement et dans le sang par les villageois d’antan du fait d’une terrible répression et exactions coloniales ayant vidé Icharidhen de ses enfants. A présent, leur descendance compte, désormais, se prendre en charge et rehausser le niveau et la qualité de vie.

En ce sens, des centaines de personnes natives ou ayant leurs racines dans ce village, ont pris vendredi dernier, le chemin du retour, le temps d’un week-end après l’avoir fui “de gré ou de force” depuis plus d’un siècle et demi. Une cérémonie que le comité de village a méticuleusement organisée pour ce faire. “A la veille de l’invasion française, nous étions un des plus grands villages des Ath Irathen. Mais aujourd’hui, nous nous retrouvons avec un peu plus d’une centaine de personnes résidant de manière permanente au village”, nous dit un jeune homme montrant à la périphérie du village, l’une des six tranchées utilisées, jadis, pour contrer les assauts des envahisseurs.

Abdenour Bouhireb

Le Soir d’Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria