Le wali inspecte la commune de Bordj Bou-Arreridj

, par  Safa Kawthar B., La Nouvelle République , popularité : 1%

En entamant, jeudi dernier, sa visite de travail et d’inspection dans la commune de Bordj Bou-Arréridj, le wali a estimé que la commune est en deçà des attentes du citoyen. A cet effet, il a exigé plus d’efforts et a sommé les responsables et les élus locaux de la commune à prendre en charge et s’occuper exclusivement des missions qui leur sont destinées notamment la gestion de la ville, à savoir le ramassage des ordures, le rétablissement de l’éclairage public et la réfection et le revêtement desroutes, et ce, afin d’améliorer le cadre de vie des citoyens.
La commune de Bordj Bou-Arréridj, caractérisée par sa fonction administrative et économique, a connu une évolution spatiale déséquilibrée et une armature urbaine désarticulée qui n’a pas permis l’émergence d’une trame urbaine fonctionnelle favorisant le statut de chef-lieu de par les servitudes liées à la préservation des terres agricoles et son harmonie historique.

Le centre-ville se limite au vieux Bordj. Tous les établissements auxquels se sont greffées des cités nouvelles sans vie, sont éparpillés et concentrés tout autour, ont aussi contribué, dans une large mesure, à dévitaliser le noyau central. Pour corriger tous ces dysfonctionnements et répondre aux préoccupations de la population, une recomposition du tissu urbain a été engagée depuis quelques années à travers le lancement de plusieurs projets ainsi que l’injection d’équipements structurants et l’embellissement de la ville pour une somme de plus de 850 milliards de centimes. La visite de travail effectuée par le wali et les membres de l’exécutif concernés, ce week-end, a pour objectif de vérifier l’état d’avancement et le degré d’application de ces orientations.

Les routes, la formation professionnelle, l’enseignement, la santé, la jeunesse et les sports sont autant d’autres secteurs à être marqués par des projets inspectés ou inaugurés avant que le wali ne s’exprime avec rigueur sur la nécessaire du bien-être du citoyen et surtout le respect des délais et la qualité des œuvres.

C’est donc avec un aplomb inhabituel que le wali a clairement rappelé que les projets structurants « vont bien » et qu’il « demeure, toutefois, plus que déçu par la démission des responsables des différentes directions et de la commune dans la conduite des projets lancés ». Il est allé jusqu’à menacer les élus et les fonctionnaires de retrait de projets qui perdurent et qu’il confierait aux directeurs de l’exécutif concernés. Dans ses propos, le wali a fait part de son étonnement sur les « qualités et les restes à réaliser dans des projets lancés, et que les services concernés semblent conduire à un rythme lent ». Notons que le wali s’est dit tout aussi « déçu par le peu d’empressement des trois ou quatre entreprises chargées de l’aménagement des sites et visant à réhabiliter les jardins publics et les espaces verts. Devant l’emplacement des locaux commerciaux de la cité des 300 logements, le wali semblerait désavoué l’emplacement de ces locaux à proximité des établissements scolaires. A ce sujet, le chef de l’exécutif a ordonné aux responsables que ces locaux vont êtres attribués aux avocats, médecins, architectes, à tous les métiers qui ne vont pas nuire au bon voisinage avec ces établissements scolaires. Comme il a marqué son désappointement devant ces aménagements d’espaces de jeux ou verts, qui se situent uniquement dans des cités aisées et jamais programmés dans des quartiers défavorisés. « Ce sont les promoteurs qui doivent finir leur travail d’embellissement des cités qu’ils ont construites. Nous, nous allons prendre en charge les anciens quartiers comme Djebbès, Lagraphe, l’Abattoir, le Villages Nord et Sud, etc. », dira le premier responsable de la wilaya. « Je veux voir les quartiers qui ont besoin d’une prise en charge réelle et non pas revoir toujours ces sites vernis », n’a cessé de répéter le wali. Dans une virée, qui n’était pas dans le programme et que le wali a exigé d’inclure à un de ces quartiers désenclavés du chef-lieu de la wilaya, l’Abattoir, le chef de l’exécutif, M. Kadid, n’a sans doute pas eu beaucoup de mal à jauger le désintérêt et le peu de réceptivité des citoyens à des engagements qui ne restent en réalité que propos ronflants... sans plus. « Que doit-on faire avec un espace vert dans une cité archaïque ? Une cité à quelques mètres d’un dépôt de boissons alcoolisées qui menace la sécurité de tout le quartier de jour comme de nuit ? », lancent les habitants.

« Nous avons besoin de la sécurité, d’un centre de santé, d’une annexe de l’état-civil, d’un bureau de poste et des rues praticables », réclament les habitants au wali. Ce dernier a alloué 10 milliards de centimes en urgence pour ce quartier et des promesses de prise en charge de nombreuses préoccupations déjà prises en charge au titre des efforts d’envergure consentis par l’Etat, comme il le soulignera à plusieurs reprises, n’était pas sans être aussi porteur d’un grand message d’espoir.

Des décisions radicales et courageuses qui ont tardé à venir mais qui interviennent aujourd’hui pour mettre du baume au cœur d’une population écrasée et soulager Bordj Bou-Arréridj de quelques-uns de ses maux les plus douloureux. Cette sortie, reste très appréciée par la population locale.

D’autres coins enclavés de la ville attendent qu’une visite leur sera consacrée, comme le centre-ville, qui s’asphyxie et espère lui aussi des projets salutaires, à l’image de la vieille ville dont les travaux de réhabilitation attendent le coup d’envoi.

Safa Kawthar B.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria