Commémoration de la mort de Mokrani à la Qelaa n Ath Abbes

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Les enfants de la kalaâ Nath Abbès, venus des quatre coins du pays, ainsi que leurs invités, ont convergé en grand nombre, ce week-end, vers le village des ancêtres pour se recueillir sur la tombe de l’une des plus illustres figures de l’histoire de l’Algérie, El Hadj M’hamed El Mokrani en l’occurrence, leader de l’insurrection de 1871, mort au combat le 5 mai de la même année près de Bouira.

Étalées sur deux jours, les festivités de cette commémoration organisée par l’association Nadi El Mokrani et l’APC d’Ighil Ali ont commencé, jeudi dans la matinée, par la visite des sites historiques et culturels que renferme la citadelle de la kalaâ, ce très pittoresque village perché sur un nid d’aigle entouré de falaises abruptes et qui offre au regard une vue des plus saisissantes sur tout le versant sud du Djurdjura, les monts des Bibans et la vallée de la Soummam. Même les caprices d’une météo franchement exécrable pour un mois de mai n’ont pas empêché l’affluence d’une foule nombreuse et avide d’en savoir un peu plus sur la dynastie des Ath Mokrane et l’histoire du royaume des Ath Abbès. Dans le courant de l’après-midi de jeudi dernier, après le déjeuner, la vieille medersa du village, première école construite en Kabylie par le mouvement réformiste de Ben Badis dès 1933, a abrité une conférence donnée par M. El Mouhoub Bachir autour de l’histoire de la kalaâ à travers les âges. Diverses interventions ont suivi cette communication dont la plus attendue, celle de M. Ali Haroun, ex-membre du HCE et de la Fédération de France, très applaudi et visiblement ému de se retrouver parmi les siens au village de ses aïeux. S’adressant aux jeunes en particulier, il dira en substance qu’il est essentiel de reprendre le flambeau en préservant leurs racines et leurs repères. La soirée s’est clôturée très tard par un gala de musique animé par plusieurs artistes de la région. La journée de vendredi a débuté par un recueillement sur la tombe de Mokrani qui se trouve dans la cour de la mosquée Djamaâ El Kebir, construit par Ahmed Amokrane vers 1530, mais également sur celles des martyrs de la révolution de 1954 en présence des autorités civiles de toute la région. Elle s’est poursuivie par une conférence du pr Seddik Djamel ayant pour thème l’insurrection de 1871. À noter également l’intervention de M. Laïd El Mokrani dont la communication a porté sur les survivances de cette révolte à travers les chants populaires de l’époque.

La commémoration a été clôturée dans l’après-midi après le déjeuner offert en l’honneur des hôtes de la kalaâ. Plus qu’une commémoration qui a permis de dépoussiérer quelque peu l’histoire d’un village qui a beaucoup donné à l’Algérie et qui fut naguère capitale du dernier royaume d’Algérie, ce fut une véritable communion et un ressourcement pour les fils et les filles de la kalaâ éparpillés à travers le territoire national et bien au-delà. L’occasion aussi de se promettre de renouer les fils que les vicissitudes du temps ont cassé pour faire en sorte de se retrouver chaque année. Pour irriguer des racines millénaires. Pour redonner vie à ce haut lieu de la mémoire et de l’identité qu’est la kalaâ.

Djamel Alilat

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria