Les Belhadad ou le repos éternel dans la capitale de la Numidie

, popularité : 4%

29 avril 1873 : dans la sombre nuit coloniale, un homme est mort...

Seul...

29 avril 2005 : sous le ciel printanier de l’indépendance recouvrée, une femme inconnue se recueille, seule, sur une tombe. Les oiseaux se taisent. Le moment est solennel. Cette femme inconnue, c’est l’Algérie qui se souvient qu’il y a 132 ans, Cheikh Mohand-Améziane El-Haddad, dans l’anonymat le plus complet, rejoignait sa dernière demeure à Constantine où il rendit l’âme dans sa prison de Coudiat-Aty.

Emprisonné pour le restant de ses jours pour avoir conduit avec Cheikh El-Mokrani l’insurrection de 1871, Cheikh El-Haddad dira à ses juges qu’il ne passera pas beaucoup de temps en détention. Son vœu sera, en effet, exaucé. Il ne séjournera que deux ans dans sa cellule avant de décéder. Les rares vieilles personnes encore de ce monde racontent, selon les dires de leurs parents et grands-parents, que la dépouille du Cheikh fut accompagnée sous bonne garde au cimetière par des agents du service pénitentiaire qui intimèrent aux fossoyeurs l’ordre de tenir leur langue et de ne montrer à personne l’endroit où repose le Cheikh, chahid de la foi et de la cause nationale.

Mais c’était compter sans le respect et l’amour filial que vouaient les Constantinois, nos arrière-grands-parents, à Cheikh El-Haddad dont la sépulture sera vite retrouvée et transformée en mausolée vénéré et visité à ce jour surtout par les Constantinoises.

En effet, c’est grâce à ces dernières, véritables anges gardiens de la mémoire, que le souvenir de Mohand-Améziane El-Haddad reste encore vivace et vivant dans les cœurs des enfants de la ville de Abdelhamid Benbadis. Après nos arrière- grands-mères et nos mères, nos sœurs et nos épouses, aujourd’hui encore, se recueillent sur la tombe de Cheikh El-Haddad et ne manquent jamais de brûler un cierge et de l’encens.

Le 21 août prochain, le fils du Cheikh El-Haddad, Cheikh Abdelaziz qui repose pour l’éternité aux côtés de son vénérable père, aura, quant à lui, 130 ans depuis son décès à Paris (1875) après son évasion du bagne en Nouvelle- Calédonie en compagnie d’un « communard » français.

Constantine, l’officielle, se souviendra-t-elle de ces illustres patriotes et chouhada ? Actuellement, pour accéder à leur sépulture, le visiteur est hélas contraint de faire de la gymnastique pour ne pas marcher sur les tombes d’autrui. Et c’est bien dommage. Mais malgré ce petit inconvénient, Cheikh Mohand-Améziane El-Haddad et Cheikh Aziz Ahaddad demeurent entourés de toute la sollicitude d’anonymes Constantinois à qui il faut rendre hommage.

132 ans.

Le temps qu’a duré la colonisation française que Cheikh El-Haddad et son fils ont combattue avec toute leur énergie.

132 ans se sont écoulés et les fils de Mazigh veillent et protègent toujours la capitale de la Numidie, dont Cheikh El-Haddad de Seddouk, cet illustre Constantinois.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria