Le Lieutenant Abdelkader Azzil El Bariki

, par  Djoudi Attoumi , popularité : 2%

Abdelkader Bariki ou Abdlekader Sahnoune du nom de son douar, était un jeune combattant originaire de Barika.

Il se trouverait à Hagandange (Metz-Mozelle) en France, où il avait travaillé de 1951 à 1953 dans la fonderie ECPM. Il fréquenta le mouvement nationaliste qui était fortement implanté dans l’Est de la France, particulièrement dans le milieu ouvrier.

Au début de l’année 1954, il rentra à Barika, près de Batna, sa région natale. Recruté par un certain Djelloul, il s’attaqua à une ferme appartenant à un colon de Barika, qui symbolisait le colonialisme ; il s’empara de tout le bétail et distribua les bêtes à travers les villages et les hameaux, en ordonnant aux gens d’en faire un festin. L’heure de la vengeance contre les colons avait sonné.

Dans les maquis des Aurès, il ne tarda pas à se faire distinguer par son courage, son esprit d’organisation et son sens du commandement. Il était dur et même trop dur avec ses hommes et même avec ses chefs. Au moment du passage du commandant Amirouche dans les Aurès, il le rencontra dans les Nemenchas. De nombreux responsables et djounoud de cette wilaya, furent frappés par la personnalité de notre commandant. Mais avec Bariki, un courant de sympathie passa aussitôt entre les deux hommes.

Alors que Amirouche était sur le « qui vive « à cause de la méfiance de certains chefs locaux mouchaouchines ou dissidents qui voulaient contester sa présence, même s’il ne présentait aucune hostilité, puisqu’il n’avait aucune unité derrière lui, mais simplement accompagné de deux moudjahidines, à savoir Benmalem Hocine et Tayeb Mouri (ses deux gardes du corps). Il remarqua une sympathie de la part de la plupart des combattants de la région, mais avec Bariki et Salah Nezzar, c’était autre chose ; tous les deux voulaient l’accompagner en Kabylie.

Ces deux aurassiens s’étaient avérés d’un courage extraordinaire. Si le deuxième tomba au champ d’honneur très tôt, Abdelkader El Bariki lui, eut un long parcours en Wilaya III.

Amirouche le nomma chef de compagnie en Zone 1 (rive droite de la Soummam, Bordj Bou Arréridj, jusqu’au nord de M’Sila), et devenait un an après, commandant du Bataillon de choc de la même Zone. Notre chef de wilaya voulait donner un souffle nouveau à la Zone 2. Il nomma Bariki en qualité de chef militaire de la rive gauche de la Soummam, avec des pouvoirs très étendus. C’est dire que Amirouche avait une pleine confiance en lui et attendait beaucoup de son courage et de sa capacité de commandement.

Il s’adapta rapidement en Kabylie, parlait la langue, connu et estimé par les moudjahidine et la population (ce qui lui a valu le surnom d’Azzil qui signifie le Précieux en kabyle), il ouvrait déjà droit à une image légendaire, tout comme Chaib Mohand ou Rabah.

Qui ne connaît pas El Bariki ? Il participa à des actions militaires auprès de toutes les unités de cette zone, aucune d’elle n’échappera à son examen, car il s’agissait en fait de tester cadres et djounouds dans le feu de l’action. En sa qualité de chef militaire de la Zone 2, il partit d’un secteur à un autre et d’une région à une autre à travers la toute l’étendue de la rive gauche de la Soummam. C’est lui qui, le 27 mai 1957 organisa les exécutions de Beni Ilmane.

A ses moments perdus, il taquinait l’ennemi, parfois seul ou avec un groupe de combattants. Combien de fois, il était descendu jusqu’à proximité d’un poste militaire, comme celui d’Ighzer Amokrane, pour guetter la sentinelle et la descendre d’un coup de feu, à l’aide d’une carabine US ; il est vrai qu’il était un tireur d’élite.

Il traquait l’ennemi pour semer chez lui un climat d’insécurité. Il est vrai qu’il avait trouvé en Zone 2 des unités militaires bien entraînées, comme les compagnies de régions, avec des chefs militaires très courageux et compétents, comme Naimi (Région 1), Tarzan (Région 2), Zioual Allaoua (Région 3), Madani Bagtache, Samail Azzoug, Zene Boualem (Région 4), etc. Son apport dans l’activité militaire fut incontestable. Dur avec lui-même et avec ses hommes, il était parvenu à se faire respecter et à se faire obéir du regard.

Il se rendit en Tunisie, le 17 juin 1958, probablement envoyé par le colonel Amirouche. Tel que nous le connaissions, Abdelkader Bariki n’était pas homme à rester à l’Extérieur. Son combat, c’était dans les maquis de l’Intérieur auprès de ses hommes. Et c’est ainsi qu’il quitta les cantonnements de l’armée des frontières pour traverser les deux barrages électrifiés, vers le début de l’année 1960. Où est-ce qu’il était affecté ? Devait-il rejoindre la Kabylie ? Nous ne saurons répondre. En tout cas, il tomba au champ d’honneur dans la région de Bône (Annaba) alors qu’il était en partance pour la Kabylie qu’il aimait tant. Ce fut la fin d’un héros, parmi tant d’autres.

Djoudi Attoumi

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria