CNAS : Une cure d’austérité s’impose

, par  layachi salaheddine , popularité : 1%

Le trou de la Cnas est souvent passé à la trappe où de nombreux responsables de cette Institution ont fustigé les assurés sociaux, sans citer le système de soins, et l’aggravation des inégalités sociales et territoriales ou encore une banalisation des honoraires excessifs pratiqués par les médecins du privé.
Les responsables au ministère du Travail et de la Sécurité sociale devront revoir la politique de protection sociale autour des paramètres tels que la solidarité, l’égalité, la prévention, et la qualité des soins prodigués aux assurés sociaux, et l’éthique médicale car la Cnas agit comme une entreprise de redistribution des cotisations dans le désordre, comme s’il s’agissait d’un commerce informel échappant à tout contrôle fiscal.
Malgré les appels de la Cnas à l’endroit des employeurs pour se rapprocher des services des recouvrements , afin de s’acquitter des cotisations principales, les employeurs refusent de payer leurs créances. En clair, si la Cnas s’accommode de déficits à ce point abyssaux, c’est qu’ils servent un dessein même s’il n’est pas encore publiquement assumé : celui du basculement vers le privé d’un immense système solidaire depuis plus 50 ans. A ce titre, la population des travailleurs fantômes est de l’ordre de 5 millions de personnes soit 500 milliards de dinars de cotisations perdues à jamais.
Un volume qu’il faudrait rapprocher des 7 millions de chômeurs et ce, pour mieux cerner les contours du désastre.
Une concertation s’impose entre les deux institutions Santé-Cnas pour une réflexion visant à améliorer les soins de santé sans pour autant qu’il y ait de fortes dépenses, par la mise en place d’un bouclier sanitaire visant à plafonner la dépense de santé restant à la charge des assurés sociaux.
Le plafond de la dépense de santé non remboursée variant annuellement en fonction des revenus des assurés, d’une part, de l’évolution de la dépense totale de santé remboursé, d’autre part.
La gestion actuelle de la Cnas doit être revue à l’amélioration. Nous ne sommes plus dans les années 1980 où le médicament était subventionné, nous sommes dans une logique de marché donc il faut abolir les vieux réflexes. A ce titre, il faut que la santé-Cnas soit à l’ère du « big data » qui offre une somme d’informations très diverses susceptibles d’être utilisées à des fins de contrôle des consommateurs de soins.
En effet, les connaissances en matière de santé-Cnas aujourd’hui proviennent de l’observation et de la surveillance, mais un large éventail d’applications informatiques, qui donnent accès aux dossiers médicaux électroniques, où le suivi des malades chroniques en milieu hospitalier ou extra hospitalier, permettra d’assurer le stockage et le flux des informations sur les dépenses de soins, santé-Cnas, chacune des deux institutions disposant d’une quantité importante de données pour lui permettre de maîtriser le coût sans nuire à la santé.
Un allègement massif des cotisations sociales des employeurs (effectives et imputées) pour supprimer un frein majeur à la création d’emplois, notamment dans les petites et moyennes entreprises, en vue de créer de l’emploi et relancer la consommation.
Pour beaucoup, la Cnas rime avec maladie. Mais la Cnas gère aussi les prestations destinées aux familles, la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, alloue un forfait hospitalier annuel de plusieurs milliards de dinars à la santé publique, prend en charge les retraites etc.
En conclusion, à ce train-là, la Cnas sera dans les années à venir « générique » car le système n’est plus viable. Aussi, il est déplorable de constater que certains directeurs d’agences Cnas gèrent leurs institutions comme des somnambules, allant de la mauvaise gestion aux trafics en tous genres, préjudiciables à la Cnas.

Layachi Salah-Eddine
Le Soir d’Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria