La formation professionnelle dans le rouge

, par  layachi salaheddine , popularité : 1%

Les 20 et 21 janvier, la Direction de la formation professionnelle a organisé deux journées « portes ouvertes sur la formation professionnelle », il y avait des dizaines de participants, des stagiaires, des opérateurs économiques, des enseignants, la directrice de la formation professionnelle, le directeur général de la FNAC, un professeur d’université en organisation, l’inspection du travail et le public.

Le 28 du mois de janvier, les 22 centres de formation que compte la wilaya vont accueillir 5000 jeunes pour y suivre une formation allant de 12 à 24 mois ; parmi les 5 000 stagiaires, il y a lieu de compter 1 800 jeunes filles, et 1 200 places en internat. Les stagiaires percevront au cours des premiers six mois de leur formation 3 800 dinars/mois, soit 15% du SNMG, qui représentent 19 millions de dinars/mois et en 6 mois d’indemnités, 114 millions de dinars.

A la fin du premier cycle de formation, les stagiaires en vue d’élargir leurs compétences doivent être placés dans les entreprises. Ces dernières ont l’obligation d’attribuer un pré-salaire de l’ordre de 35% du SNMG soit 6.300 dinars/mois et progressivement, 50% du SNMG soit 9 000 dinars pour arriver en fin de formation en entreprise à 80% du salaire minimum garanti représentant 14 400 dinars/mois et par stagiaire.

Il est à signaler que sur 4 000 opérateurs économiques de la wilaya de Bordj-Bou-Arréridj, seule une dizaine d’opérateurs ont daigné répondre à l’invitation de la Direction de la formation professionnelle et, pourtant, c’est un secteur névralgique de l’économie nationale. Initialement, les formations sont destinées à faire en sorte que les bénéficiaires gardent leurs emplois ou d’en trouver un.

La réalité est tout autre, les stagiaires disent que les chefs d’entreprises ne leur donnent pas la formation adéquate tel qu’il est stipulé dans le contrat d’insertion, par contre, ils sont placés dans des activités diverses loin de leur formation, ce qui a poussé la Direction de la formation à accompagner les stagiaires jusqu’à la fin du cycle final. Pour certains chefs d’entreprises, les stagiaires n’ont pas de réelles formations et sont en deçà des attentes de l’outil de production, ils soutiennent ironiquement que le verre est à moitié plein.

Pour la Direction de la formation, les insuffisances des jeunes inscrits en formation sont une réalité, cependant il est dispensé une formation de base aux stagiaires jugée insuffisante qui leur permet, ainsi, de suivre un cycle de formation sans difficultés, on peut considérer que le verre est à moitié vide, et s’en désoler. Les 22 centres de formation sont composés de presque 1 500 travailleurs dont 453 enseignants, le reste (1 047) du personnel comprend des comptables, des agents de bureau, les gardiens, les femmes de ménages et les cadres. Toutes ces personnes ont la noble mission de créer les commodités nécessaires pour les stagiaires afin qu’ils sortent du chômage, et par conséquent, de la désocialisation, la précarisation, la pauvreté et la catastrophe sociale.

Les 1 500 travailleurs affectés à la formation professionnelle ont une surchauffe budgétaire salariale de 3 milliards par mois, à raison de 20 000 dinars/mois et par salarié, soit 36 milliards par année de dépense, sans compter les équipements de formation qui ont un coût assez conséquent, et pour quel résultat, étant donné que les stagiaires en fin de formation trouvent rarement le chemin de l’emploi rémunérateur.

La politique de la formation professionnelle n’a pas eu les effets escomptés pour relever le défi et éradiquer le chômage. Les politiques chargés de la formation et de l’emploi doivent revoir leur stratégie et se dire qu’en fin de course tout se sait, y a rien à cacher ni avec les mots, ni avec les statistiques erronées, et, c’est bien connu, ne se trouve que du sable sous le pavé.

Layachi Salah-Eddine
Le Soir d’Algérie

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria