Si Rabah ou Maza : une vie de combats (1954-1962)

, popularité : 1%

"La révolution ne commet pas d’injustices, elle fait des erreurs".
Colonel Amirouche.

C’est dans sa maison du quartier des 1044 logements à Bordj Bou Arreridj, que Da Rabah nous a reçus. On s’étaient présentés ce jour-là pour un rendez-vous futur, Da Rabah, n’a pas voulu nous laisser repartir. Homme d’un naturel discret, il a bien voulu se livrer à Abdelkader Ait El Djoudi et Ouali Hamadache.

Né le 20 août 1929 à Aachabou, village rebelle de l’actuelle Daira de Djaafra, puisque déjà durant l’insurrection d’El Mokrani de 1871, plusieurs hommes tomberont au champ d’honneur ou seront déportés en Nouvelle Calédonie.

Très jeune il a du fuir la misère, en émigrant en France, comme l’ont fait la plupart des futurs cadres de la wilaya III historique : Amirouche, Aissa Hamitouche, Seddik ou Mahfi, etc.

En désaccord avec un de ses cousins ayant la "carte blanche" délivrée à l’époque par les autorités coloniales, Da Rabah sera condamné à un an de prison en 1953.

Sentant le moment du combat libérateur venu, Da Rabah quittera la France pour sa terre natale. Au début de l’année 1956, six hommes avec à leur tête Aissa Hamitouche dit Aissa le Boundaoui, vont aller à sa recherche à Aachabou. Parmi les six il y avait Lakhdar ou Zekhnine et Tayeb n Aamer de Tighermiouine. Ce groupe était venu aussi s’informer sur l’achat d’une mitraillette Stent par l’un des oncles de Da Rabah. Par la même occasion il a été interrogé sur les raisons de son séjour en prison durant l’année 1953.

Quinze jours plus tard, ce même groupe était revenu accompagné d’autres hommes comme Si Ahmed ou Sissi d’Ilmayen, Lahcène Oumalou, Mohand Taeyb Amirouche de Bouthoaub Si Mohand Cherif de Takroumbalt pour former le premier groupe de Moussebline.

Da Rabah participera à de hauts faits d’armes, comme la participation à la libération de Malika Gaid des mains des messalistes du MNA, mais le plus important est sans doute l’attaque de la caserne d’El Horrane au nord de Tamsilt (Msila).

Da Rabah atteindra le grade de sergent-chef (sous-officier) au sein de l’ALN, Après l’opération Jumelles, qui portera un coup fatal à la résistance, il sera arrêté et condamné à mort par l’armée coloniale. Et ne devra son salut qu’à un heureux concours de circonstances.

Durant la décennie noire, avec Hachemi Bordji et d’autres moudjahidines, il reprendra le combat contre l’hydre islamiste pour la survie de l’Algérie, mais ça c’est une autre histoire...

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria