Thiaroussine : les habitants réclament la régularisation de leurs terrains

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Outre la régularisation administrative et juridique de leurs biens fonciers, ces titres de propriété sont également indispensables pour pouvoir bénéficier des crédits bancaires et autres aides octroyées par l’État au monde rural, notamment dans le cadre de la construction de nouvelles habitations, l’extension ou l’aménagement de celles déjà existantes.

Drôle de situation que celle que vivent, depuis l’indépendance, les habitants du village de Thiaroussine (commune de Teffreg, à une cinquantaine de kilomètres au nord de la wilaya de Bordj Bou-Arréridj). La régularisation de leurs parcelles de terrain, acquises depuis des années, est toujours en attente. Ces parcelles situées juste à côté de l’ancien village vidé par l’armée française durant la guerre de libération, notifié comme “bien des forêts”, s’étendant sur quelques centaines de mètres seulement, reste un bien sur lequel rien n’est possible tant que la situation demeure en l’état. Et ce n’est pas faute de réclamation. Les habitants relèvent la complexité et les dommages engendrés par la non-régularisation de leurs terrains. “Nous vivions ici avant l’indépendance. Nous avons fui le village, mais maintenant, nous n’avons aucun papier ni acte de propriété”, disent les quelques villageois qui ne veulent pas être déracinés. Certains d’entre eux ont été exclus du programme de l’habitat rural et d’autres sont privés de disposer d’un jardin en l’absence justement de documents attestant qu’ils en sont les véritables propriétaires, nous dit-on.
Outre la régularisation administrative et juridique de leurs biens fonciers, ces titres de propriété sont également indispensables pour pouvoir bénéficier des crédits bancaires et autres aides octroyées par l’État au monde rural, notamment dans le cadre de la construction de nouvelles habitations, l’extension ou l’aménagement de celles déjà existantes. “Nous avons besoin de régulariser nos parcelles de terrain. Personnellement, je ne peux pas bénéficier d’un habitat rural, tant que ma propriété n’est pas encore régularisée”, fulmine Lamri, un villageois de 40 ans. Selon des représentants de ces citoyens en colère, les villageois réclament l’intervention du nouveau wali. “Ni les responsables de l’APC ni ceux de la daïra, encore moins les services du cadastre n’ont daigné prendre en charge d’une manière effective notre doléance qui perdure depuis de longues années. La situation juridique actuelle de nos terres ne nous permet même pas de nous faire délivrer le permis de construire ou de prétendre à une régularisation dans le cadre de la mise en conformité des constructions. Tout comme nous sommes privés aussi de notre droit d’accéder à des aides de l’État”, s’indigne un paysan. Depuis le temps que les citoyens concernés s’activent à mettre un terme à cette situation, le bon sens aurait voulu qu’ils puissent aujourd’hui jouir de leurs biens dans des conditions autrement plus favorables. Hélas, ce n’est pas encore le cas ! Mais les villageois mettent tous leurs espoirs d’une solution équitable dans le nouveau wali.

Chabane Bouarissa
Liberté

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Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria