LA NUIT DES HEROS

, par  Rebbache Laid , popularité : 1%

Tout a commencé durant cette période où notre logis de famille se situe au faubourg lagraphe
avant de déménager au faubourg des jardins et ce avant également l’année 1959, un
temps dur où la guerre d’Algérie prend de l’ampleur.


Notre maison du douar aujourd’hui refaite par son nouveau propriétaire où les deux
chouhada ont été les bienvenus par la famille rebbache.

Les attentats et les rafles, les arrestations et les morts sont au quotidien.
A la veille de chaque journée de marché hebdomadaire nous recevions deux personnes
au dîner et au fil du temps finiront par se porter à ma connaissance sur leurs
rôles et l’objet de leur tournée pour le compte de la révolution.
Il s’agit de M. SLIMANI Miloud du hameau EL MACHRAA (Medjana) et M.HOUARI Ali dit
Allel également de Medjana ( ce dernier a fini par rejoindre le maquis).

Ils sont les émissaires du chef politico-militaire Said dit Mohamed ZERROUKI,des
messages écrits ou verbaux sont les principaux modes de contact avec certains
citoyens de la ville qui forment la cellule appropriée à chaque cité. Cette
cellule est avalisée par le chef lors d’une visite programmée.

Chahid Said dit Mohammed ZERROUKI

De notre cité la préparation de la venue du chef est annoncée par les deux
résistants cités plus haut lors de leur tournée hebdomadaire.
L’obscurité où la nuit est la principale vacation consacrée au sujet de la visite.

A cette époque les maisons du douar n’avaient pas d’électricité, notre demeure est
connue à l’adresse facile, la première face à l’oued, au tournant à droite de
l’ancien pont (voisine à l’actuelle crèche).Le grand projecteur de surveillance de
l’occupant depuis l’ancienne caserne (actuelle citadelle) ne balaie que des
façades face à l’oued (aujourd’hui couvert), les ruelles où les véhicules ne
peuvent prendre au passage,seuls les piétons font usages,sont à l’abri de tous
soupçons, les jumelles infra- rouges à cette époque n’ont pas trouvées refuge dans
le monde des inventions, la circulation à pied de nuit a raison de l’être .

A 22 H30 minutes environ en plein couvre feu, le chef arrive avec son garde de
corps connu (Mohamed Houita.dit houita du douar souk) en tenue militaire bien
armés. Une bougie d’un côté et une lampe à pétrole dite quinqui de l’autre
éclairent l’intérieur de la maison, l’odeur de l’Algérie indépendante se sentait
chez les deux moudjahiddine et la joie remplissait notre cœur devant ces hommes
volontairement engagés pour la liberté de la patrie du joug colonial.

Ni les pas, ni les discussions ne reflétaient leur présence à notre domicile, la
discrétion était de rigueur, la bienvenue par le père et nous les quatre frères
était de coutume.

Durant plus d’une heure et après objet rempli, le frère aîné les accompagne, je
croyais qu’ils allaient directement à la ferme du nord du faubourg Lagraphe, lieu
de transit avant l’entrée en ville.

Dans le noir de la nuit, il revenait une heure plus tard en disant que le chef a
pris la décision de rendre visite à certains voisins capables d’assister la
révolution en cas de besoins, où les directives énoncées soient appliquées.

Il s’agit dans la circonstance où un membre de la cellule est arrêté, dans le
ballet de la torture, le prisonnier qui dans l’inconscience citera des noms de ses
camarades, les membres ne passeront pas la nuit chez eux, car l’occupant dans le
silence absolu,a toujours procédé à l’enlèvement des personnes recherchées après
minuit.

Et la guerre continue, aucune âme n’avait dans son esprit,ni proche, ni lointaine
la fin de cette lutte.

Les deux maquisards comme tant d’autres sont morts en martyrs, les armes
à la main dans un accrochage avec l’ennemi, mais ils demeureront vivants
dans le séjour des bienheureux.

REBBACHE Laid

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria