L’électronique n’a pas profité à toute la ville

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Malgré le bond énorme fait par le développement industriel, le chômage demeure la préoccupation essentielle de la wilaya de Bordj.

« Chez nous, dans les zones enclavées, le chômage est trop élevé : il n’y a aucune usine pour absorber les personnes inactives », répètent à l’envie tous les citoyens rencontrés dans les zones enclavées dé la wilaya de Bordj Bou Arréridj. El Anasser, Medjana, Ouled Braham, Tixter, Aïn Taghrout sont quelques-unes des daïras que nous avons visitées.
La daïra et la commune de Mansourah, quoique fondées au début du XXe siècle, restent cependant isolées. Isolement encore accentué par la nature du terrain de la commune de Mansourah, implanté entre deux versants de montagne. Les cris de détresse viennent en priorité des enfants scolarisés qui doivent faire au quotidien des trajets par bus scolaire de 15 à 20 km pour arriver à leurs écoles parce que les villages de la daïra ne disposent pas de places suffitantes dans les classes pour scolariser toute la population juvénile.

« Liste d’attente » Ainsi, comme dit l’adage, la vérité sort de la bouche des enfants : « Journalistes ! SVP, dites aux responsables qu’il y a des fuites d’eau dans nos classes », nous lancent-ils. Ce sont des écoliers de 10 à 14 ans du CEM Rachad à Mansourah qui interpellent les consciences de ceux qui ne connaissent pas les rigueurs hivernales des portes des Bibans et les chaleurs étouffantes de l’été. D’autres enfants ajoutent : « Nous n’avons pas de cour pour jouer dans l’école. Nous n’avons pas de cantine comme les autres ». Le manque flagrant d’établissements scolaires dans cette daïra interpelle les pouvoirs publics concernés pour réduire le spectre de la déscolarisation et autres facteurs qui en découlent.

Par ailleurs, une population moyenne de 28.000 habitants n’est servie que par un seul bureau de poste. Plus de 500 demandes de lignes téléphoniques de cette daïra sont en « liste d’attente » depuis belle lurette, sans que les demandeurs aient l’espoir de voir un jour le téléphone installé chez eux. Que dire de cette denrée essentielle à la vie : l’eau, qui n’alimente parfois les foyers qu’à raison de deux heures par semaine, affirment certains villageois.

Les élus ne font rien pour la population, disent-ils pour expliquer les causes de cette défaillance. Très remontés, les habitants de Mansourah prennent acte en prévision du futur scrutin de mai prochain, faisant remarquer que l’élu doit faire preuve de sens de responsabilité à longueur d’année, pas seulement dans les périodes électorales. Mansourah n’est qu’un échantillon de ces régions enclavées qui souffrent de l’isolement et du chômage grandissant. Passant du stade de l’importation à celui de montage des appareils électroniques, puis à celui de l’intégration de différents composants de la technologie moderne, le développement de Bordj Bou Arréridj ne profite cependant qu’au chef-lieu de la wilaya, selon les nombreux témoignages. « Il est plus que temps de regarder les autres régions, au lieu de ne voir que du côté de la ville. Nous sommes les derniers dans la wilaya parce que nous sommes trop pacifiques pour arracher nos droits », a en croire les uns et les autres. Infrastructure étatique de valeur, un important tronçon de l’autoroute traverse la wilaya, des zones industrielles modernisées, notamment dans le domaine de l’électronique, mais cet apport reste en fait limité à Bordj Bou Arréridj et sa périphérie sans réellement avoir un impact économique et industriel effectif sur l’arrière-pays de la wilaya, quelque peu délaissé.

Une vitrine

Bordj est ainsi une vitrine - la population de la ville a quintuplé lors des trois dernières décennies -, au-delà c’est presque le néant : petits villages et bourgs n’ont pas bénéficié du boom économique induit par le développement industriel de la ville au chef-lieu de la wilaya. Aussi, l’inquiétude du chômage persiste dans un arrière-pays qui ne voit rien venir.

Pour toute la wilaya, il n’existerait que quelque 72 bureaux de services (postes, électricité et gaz, Cnas...) au niveau des différent daïras, communes et villages.

Bordj Ghedir, pourtant réputée pour son développement, enregistre des manques élémentaires : uniquement agences bancaires, agence Sonelgaz, marché hebdomadaire.

Amar Chekar

L’Expression

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria