Bonjour les Bibans !

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Prendre la route durant les grandes vacances d’été pour se rendre à l’est ou à l’ouest du pays ne doit pas être une corvée.

Si certains se fixent comme objectif d’atteindre au plus vite le point d’arrivée, beaucoup d’autres prennent plaisir à goûter au charme des merveilles sur le chemin du voyage. Dieu sait combien il y en a ! C’est une occasion pour retrouver des lieux et des endroits familiers, remémorer des souvenirs inoubliables ou pour découvrir les changements opérés et la beauté des lieux. Les visiteurs se rendent rapidement compte que la vie à l’intérieur du pays évolue rapidement aussi bien par les transformations que par les structures d’accueil. Le temps des craintes durant la décennie noire fait partie désormais du passé. Les gens voyagent maintenant de jour comme de nuit sans la peur au ventre et sans inquiétude. C’est la récupération d’un acquis inestimable. Le danger provient uniquement des accidents de la route qui demeure encore mortelle. C’est pourquoi le souci majeur lorsqu’on est en famille est de veiller à la bonne conduite, c’est-à-dire au respect strict des règles de conduite en évitant l’excès de vitesse et les dépassements dangereux. Il s’agit de ne pas commettre des bévues impardonnables et d’être constamment éveillés pour éviter celles des autres. Ces précautions prises, tout marchera comme une montre suisse.

Si vous vous rendez à l’Est comme nous dans une virée annuelle jusqu’aux confins du pays, pour des raisons familiales et touristiques, les premières impressions commencent lorsque vous pénétrez dans les gorges pittoresques et somptueuses de Lakhdaria, aux premières lumières de la journée, surtout si vous êtes partis tôt le matin de la capitale ou de ses environs. Une question aussi de ne pas être retardé par la circulation dans les agglomérations denses et de s’assurer un bon départ.

Lakhdaria, comme son nom l’indique, est réellement verte durant l’année, embellie par son oued, ses montagnes boisées qui l’entourent et ses gorges, est vite contournée pour mettre le pied dans l’arrière-pays qui se réveille lentement jusqu’aux portes des Bibans. Cette région dont le nom est désormais associé au patriote El Makhfi qui n’a, à un âge avancé, pas hésité à reprendre les armes pour combattre et chasser les terroristes hors des frontières vertes, est aussi appréciée pour la bravoure et le sens élevé de l’hospitalité et du patriotisme de ses habitants. Le voeu d’El Makhfi est aujourd’hui exaucé puisque la paix et la sécurité sont de retour.

L’axe Bouira-Mansourah en passant par l’incontournable carrefour de Maillot est un bout de chemin assez particulier. Vous traversez des collines et des plats au bas des monts du Djurdjura si haut et si orgueilleux en vous tenant compagnie jusqu’au bout. Là, toute la gamme de produits traditionnels, des robes kabyles très demandées aux poteries locales de tout genre, soit à usage de décoration ou d’utilité domestique, est exposée. Si vous êtes accompagné d’éléments féminins, il vous est difficile d’échapper à des achats car les robes aux couleurs multiples sont irrésistibles. Les prix sont abordables.

Bouira, jadis ville de repos et de relais sur la grande route du sultan, est, depuis deux années, elle aussi vite contournée suite à l’ouverture du premier tronçon autoroutier. Celui-ci une fois terminé apaisera encore davantage la circulation très dense dans cet axe, également l’un des plus meurtriers. Un pont suspendu, gigantesque et impressionnant joignant deux hautes collines, visible pour les passagers, est en voie d’achèvement. Il sera parmi les plus grands et les plus longs du pays. Sans doute qu’il surclassera celui de Constantine et de Ben Haroun. Cette merveille pour le plaisir des yeux, ne devra pas cependant faire oublier le charme de Bouira, ville de contact et d’animation. Le fait de ne pas s’y arrêter, par précipitation et par obligation, vous laisse ainsi un pincement au coeur.

Nous ne pouvons « survoler » cette partie sans relever une tare qui contredit l’hospitalité légendaire des habitants de cette région. Les passagers véhiculés sont choqués par la présence de dos-d’âne anarchiques et désordonnés tels des montagnes, installés en nombre incalculable sur la route nationale, notamment à l’approche et à l’ intérieur des agglomérations. Les motifs évoqués, à savoir se protéger contre les chauffards dont le comportement sauvage est à l’origine de beaucoup de drames, sont sans commune mesure avec cet état de fait qui s’explique par l’absence totale des autorités locales compétentes pour prendre en charge les doléances des citoyens. Ces dos-d’âne chaotiques souvent installés par des citoyens révoltés, pénalisent ainsi les usagers de la route et n’encouragent pas le tourisme. Ils freinent la circulation et peuvent causer des désagréments si vous n’ y faites pas attention durant la nuit. Cela nous est arrivé à nous-mêmes. Il faudra y remédier par des mesures plus souples et plus réglementaires qui tiennent compte des intérêts des deux parties.

Une halte dans les environs de Maillot est nécessaire pour prendre un café et permettre au véhicule de se reposer. Après la route est dégagée, ce qui vous propulse rapidement vers les Bibans. La curiosité pour les enfants est inévitable : « Père qu’est-ce cela veut dire ? », vous lancent-ils spontanément. Géographiquement, cela désigne cette chaîne de montagnes en grande partie boisée qui paraît si ancienne par ses superpositions géologiques merveilleuses à nu et qui constitue un rempart naturel infranchissable pour la région du Tell. Historiquement, les Bibans comme le nom l’indique, sont tout simplement des gorges qui vous ouvrent la porte des Hauts-Plateaux. Sur le plan de la nature, c’est une autre merveille à admirer avant d’escalader les hauteurs de Mansourah pour s’élever à plus de 1000 m d’altitude. Aïn Fouara, notre prochaine escale, vous accueille bien.

Smaïl BOUDECHICHE

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria