Sketch ou navet ? Critique des sketchs Hadj Lakhdar

, par  Mohamed Djaafar , popularité : 1%

Je viens de lire un article intitulé « boycottons les productions El Hadj Lakhdar ! » publié sur le site « Algérie-politique » par Mme Djaouida H. qui raconte comment le service des urgences de l’hôpital de Kouba avait été réquisitionné le 11 juillet dernier pour le tournage de « Moustachfa Hadj Lakhdar ». Cela s’est fait selon elle au détriment de malades nécessitant des soins d’urgence dont son propre frère, décédé depuis, qui se trouvait dans le coma ce jour-là.

Les responsables de l’hôpital, Hadj Lakhdar et même son associé peuvent fournir toutes les explications qu’ils veulent, ce qui s’est passé est et restera révoltant. L’article de Mme Djaouida H. a provoqué l’indignation des lecteurs qui ont posté des commentaires. Certains ont suggéré que des poursuites judiciaires soient engagées par les patients qui n’ont pas pu accéder aux soins ce jour-là. Tous, sans exception, ont souligné le caractère débilitant des sketchs de Hadj Lakhdar.

Personnellement, j’avoue partager cet avis. Les « productions » Hadj Lakhdar renferment une sacrée dose de « simplicité » ou, pour être plus franc, révèlent un défaut d’intelligence flagrant. Après « Îmarat Hadj Lakhdar » et « Souk Hadj Lakhdar », voici maintenant qu’il s’attaque aux hôpitaux ! Quel culot ! Sans qu’il soit nécessaire d’être critique de cinéma, il suffit de leur consacrer quelques secondes pour s’en rendre compte. Je me suis prêté à l’expérience et j’avoue que ma première réaction fut de chercher des yeux la télécommande, cet objet miraculeux qui nous confère tant de pouvoir, celui, extraordinaire de faire taire ou disparaitre instantanément et par une simple pression du doigt n’importe quel malotru qui ose nous importuner… ! Quelle fabuleuse invention, n’est-ce-pas ?

Le souvenir qui me reste de ces courts « visionnages » se résument ainsi à du vacarme, beaucoup de vacarme, rien que du vacarme : cris, engueulades, bagarres et diatribes désagréables et sans intérêt ; déficit de scénario ; absence totale de lien avec la réalité sociale, etc ... Nos cinéastes seraient-ils à ce point indigents ? Où sont passés les programmateurs de la télévision ? Ou bien seraient-ils tous de simples baggarines soucieux de ramasser du pognon, pour reprendre l’expression d’un acteur français bien connu, évoquant l’Algérie. Certaines personnes commentant l’article de Mme Djaouida H. ont été encore plus loin en affirmant que ces productions « débiles » (c’est le terme employé), participent d’une entreprise globale d’abrutissement des algériens !

En apprenant que Hadj Lakhdar était originaire de BBA, je me suis naturellement senti doublement concerné, estimant qu’il revenait d’abord aux bordjiens eux-mêmes de s’exprimer (se démarquer peut-être ?) de ces « productions » afin d’éviter tout amalgame. Certains commentaires laissent en effet supposer que BBA serait fière de Hadj Lakhdar.

Est-ce possible ?

Benmabrouk

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria