À quand un centre de tri et de recyclage des déchets ?

, par  Chabane Bouarissa, Liberté , popularité : 2%

Bordj Bou-Arréridj, ville jadis réputée pour sa propreté au point de constituer l’air béni des asthmatiques, a développé depuis quelques années une vraie culture de la pollution.

À l’entrée est de la ville de Bordj Bou-Arréridj, chaque soir, à la tombée dela nuit, une fumée épaisse envahit la RN5 et tous les quartiers qui longent ce tronçon. La fumée, qui vient de la décharge publique, se propage et cause des désagréments aux habitants qui se plaignent en plus de l’odeur nauséabonde qui persiste durant des dizaines d’heures et envahit toutes les habitations à des centaines de mètres.

À noter que cette décharge appelée Boumergued, la seule contrôlée, s’étend sur environ 4 km de chemin sinueux dont une partie située dans la commune de Sidi M’barek, très proche de la RN5, soit sur une surface d’environ 40 hectares, bordée de part et d’autre de dunes de déchets. Toutes les décharges de la wilaya sont déclarées sauvages et les sites destinés à recueillir les déchets ménagers sont choisis sans aucune étude préalable (étude d’impact sur l’environnement). Les déchets rejetés (370 t/j) ne subissent aucun enfouissement ni compostage.

Aussi, leur élimination se fait par combustion spontanée ou provoquée. En effet, brûler des ordures est devenu une pratique courante car on ne sait quoi faire de ces tas de déchets qui se prolifèrent au fur et à mesure que la ville grandit et que les habitations poussent comme des champignons.

On note plus de 22 décharges sauvages sur le territoire de la wilaya.
En plus de l’hécatombe engendrée par la texture fibreuse de l’amiante, des odeurs âcres, Bordj Bou-Arréridj, jadis réputée pour sa propreté au point de constituer l’air béni des asthmatiques, a développé depuis quelques années une vraie culture de la pollution.

Toutes les décharges autorisées ou illicites fument beaucoup et sans aucune précaution pour filtrer les fumées et limiter les rejets toxiques, notamment la dioxine.

Toutes les décharges autorisées ou illicites à travers la wilaya fument beaucoup à ciel ouvert ; ce qui produit des fumées nauséabondes et une pollution atmosphérique sans aucun investissement pour limiter les rejets toxiques, notamment la dioxine. Les conséquences écologiques de l’incinération des déchets ne sont pas non plus négligentes.

Outre la production de rejets plus ou moins toxiques, le gaspillage de matières premières est évident : verres, papier, carton, plastique, boîtes métalliques ne produisent que des déchets quand ils sont incinérés.
“Au lieu de gaspiller l’argent public dans des embellissements tous azimuts de nos villes, pourquoi ne pas penser dès maintenant à une station de tri, de recyclage et d’incinération pour tous les déchets de la wilaya, créant par là même des postes d’emploi ?” proposait un professeur et spécialiste de l’aménagement urbain bordjien.

Chabane BOUARISSA

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria