Le spectre des inondations revient

, par  Layachi Salah Eddine, Le Soir d’Algérie. , popularité : 2%

Depuis 15 jours, la population de Bordj- Bou-Arréridj vit dans l’angoisse de voir la cité inondée par la déferlante des eaux. Le spectre des inondations du 22 au 24 septembre de l’année 1994 revient. Les citoyens estiment que le risque d’inondation est réel, qu’il ne faut pas le sous-estimer. Depuis 1962 jusqu’à 1978, des citoyens ont réussi à construire dans le lit de l’oued Mairissane, sans doute avec la complicité et l’incompétence de l’APC de l’époque, défiant ainsi les recommandations de l’administration coloniale, qui avait, avant l’indépendance de l’Algérie, interdit aux citoyens toute construction à moins de 80 mètres du lit de la rivière.

Plus grave, il y a eu de cela 22 ans, l’oued a été recouvert extérieurement de dalles par les services de l’APC de l’époque, qui croyaient, en toute naïveté, protéger ainsi les riverains des crues des eaux.

Malheureusement, dans la journée du 23 au 24 septembre 1994, entre 17h et 3h du matin, des orages accompagnés de chutes de pluies torrentielles se sont abattues sur la ville et une partie de ses environs entraînant des inondations catastrophiques, car le lit de l’oued, étranglé par les dalles, n’arrivait pas à contenir le liquide boueux. Ces inondations se sont soldées par un bilan de 17 morts et 1000 sinistrés, dont 370 commerçants ruinés. Les pertes ont été évaluées à 25 milliards de centimes.

Les commerçants ruinés ont saisi les autorités locales pour les indemniser conformément à l’arrêté ministériel n° 1448 du 12 juin 1995, qui stipulait clairement que la ville de Bordj-Bou-Arréridj était considérée comme zone sinistrée, et ce, après que la commission nationale des calamités naturelles eut donné son approbation. Le document en question a été signé par le ministre des Finances de l’époque, M. Benbitour.

A rappeler qu’au deuxième jour de la catastrophe, deux ministres, MM. Guidoum et Meziane Cherif, se sont déplacés sur les lieux du désastre et ont déclaré que la ville de Bordj-Bou-Arréridj était une zone sinistrée. Depuis, selon les 370 commerçants ruinés, deux milliards de centimes ont été débloqués au profit des victimes du sinistre à titre de secours humanitaire.

Par la suite, la plupart des commerçants ruinés se sont adressés à plusieurs ministres de l’époque, ainsi que le sénateur Boudache Nacer, qui a soulevé le problème au Sénat, devant ses pairs, et en dernière instance l’ex-président de la République Liamine Zeroual, mais, selon les commerçants sinistrés, aucune réponse favorable ne leur a été réservée.

En tout état de cause, l’APC de Bordj-Bou-Arréridj doit désengorger le lit de l’oued qui, actuellement, est obstrué de cadavres de bestiaux, de carcasses de voitures et de toutes sortes d’objets hétéroclites qui favoriseront le débordement de l’oued.

Layachi Salah-Eddine

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria