Plaisir et déplaisir des personnages dans les textes de Laid Mokrani

, par  Abdennacer Mebarkia , popularité : 1%

Les spécialistes de la critique littéraire avaient amplement abordé la notion de plaisir, de l’époque grecque à nos jours. Roland Barthes dans son ouvrage « le plaisir du texte »* avait détaillé largement le concept de plaisir, pour lui « le texte de plaisir : celui qui contente, emplit, donne de l’euphorie ؛ celui qui vient de la culture, ne rompt pas avec elle, est lié à une pratique confortable de la lecture. » p25.Donc un texte doit nécessairement satisfaire les besoins esthétiques du lectorat et répondre aux attentes de la société au niveau culturel, artistique, métaphysique, sentimental… un texte qui s’éloigne des objectifs sociaux et ne dépeint pas la réalité ne peut concrétiser la fonction de l’art. Dans ce contexte on pourrait dire, aussi, que le plaisir du texte enveloppe le déplaisir des personnages décrits dans le texte, car le narrateur décrit le plaisir et le déplaisir des personnages cités dans une œuvre littéraire. En outre le texte, qui ne finit pas par générer un plaisir, reste incomplet. Il est certes que le sixième récit « le fi du temps » appartient à la littérature épistolaire, ce dernier mot est utilisé dans le lexique de la critique. C’est des lettres écrites sous forme de littérature entre deux personnages qui s’aiment dans le but de manifester les bons sentiments, les bons souvenirs. C’est une sorte de gratitude dont l’un de ces deux personnages exprime sa reconnaissance envers l’autre. Ce genre littéraire était connu dans la littérature arabe classique, pendant l’époque abbasside, on l’avait appelé à cette époque « les lettres des amis » (rassaiil ikhwaniya). Dans ce texte épistolaire la jeune femme ouarda rédigeait une lettre pour l’envoyer à son amie Nadia dans laquelle elle décrivait la face et le revers de ses relations avec Rachid, un jeune immigrant qui mettait beaucoup de choses en doute, tantôt il se montrait comme le héros des soirées à paris tantôt il menait une vie malheureuse en raison de sa situation sociale et psychique pleine d’amertumes. Ouarda, au milieu de récit exprime son déplaisir, son inquiétude à cause de la disparition de son ami. C’était l’évaporation d’un rêve et le mariage ne sera pas consommé. Déplaisir d’ouarda. Quant à l’essai intitulé « Jünger », nous sommes devant un mythe sysiphique magnifique et un conflit perpétuel entre le bien et le mal. Jünger, un grand batailleur et poète de premier rang, avait dit non à la guerre contre l’humanité .Le texte de mokrani raconte la vie d’un héros de la deuxième guerre.cet héros bien qu’il ait été un citoyen allemand pendant cette sale guerre mondiale, il n’avait jamais admis les idées contraires aux valeurs de justice et de liberté et de paix au moment ou le monde avait été mis à feu et à sang. L’auteur était très impressionné par ce poète, par un homme de quatorze blessures .cet grand écrivain qui laisse, sans aucun doute, une forte trace dans nos cœurs et une gravure remarquable dans nos mémoires. Bernard pivot l’animateur de la célèbre émission « apostrophes » (selon le texte) avait invité ce’ talentueux’ pour l’honorer et écouter ses témoignages. Ces blessures méritent d’être décrites dans des poèmes, dans des romans, dans des films. Jünger mérite, aussi, d’être connu par l’intellectuel algérien. La dernière remarque est relative au manque de vers poétiques de Jünger dans le texte comme témoignage, dans le but d’attirer le lecteur et de lui créer encore un plaisir En résumé, je pense que le narrateur a réussi à dépeindre cette grande personnalité car il nous a fait savoir qu’elle était très héroïque. C’est un texte de plaisir, de témoignage, d’un amoureux d’art, d’un grand poète dont l’auteur voulait le médailler littérairement.

Dans l’essai « elle m’avait dit à Carcassonne » on remarque que le texte est descriptif. il parle de deux personnages maghrébins en France, réels ou virtuels, juste à Carcassonne, ville française, on déchiffre cela sur la base du signe historique « Messali » personnalité très connue dans notre histoire par son courage, par son esprit de nationalisme contre les occupants français.ces deux personnages se connaissaient à travers deux espaces, le premier relatif à un long voyage de Genève à Carcassonne, le deuxième à travers une rencontre à Carcassonne, à laquelle les deux maghrébins commencèrent à montrer leurs opinions, leurs origines, leurs convictions. Le jeune homme, au premier temps, doutait de sa relation avec la jeune femme « une gauchiste désabusée, une insoumise, accro à toutes sortes de fureurs… » Mais ce doute disparaissait, puis on découvrait que cette femme est audacieuse et intellectuelle, pleine de dynamique et de volonté. Le texte se termine par un plaisir et une entente entre les deux. Dans le dernier essai « le soir d’Antinéa » l’auteur s’est référé au roman « Atlantide » écrit par le romancier pierre benoit, depuis plus d’un siècle, dans le but de nous faire revenir à notre grande reine du désert tin hinan, la première dame des touaregs connue par sa sagesse sa fierté, son amour à sa patrie. C’était les traditions des habitants et leurs façons de penser, de gouverner .à cette époque ils avaient accepté la femme dans la gouvernance, guerre ou paix, car la femme chez eux peut piloter un royaume et avoir une estime de la part de ses compatriotes, c’est le même cas d’une autre femme audacieuse celle du Dihia ( kahina ), la reine des Aurès. L’auteur est très impressionné par cette femme légendaire qui avait pu se faire un nom à travers l’histoire antique et moderne. Sa grandeur avait inspiré beaucoup d’écrivains, d’artistes, de cinéastes, dont le texte a évoqué leurs œuvres d’art : Le roman « Atlantide » de pierre benoit. Le film « la déesse du feu » tin hi nan projeté au cinéma Rex de BBA. Le film « she » de Rider hagard En ce qui concerne la personnalité de Lawrence d’Arabie, grand comploteur anglais contre l’empire ottoman, quelques intellectuels arabes ont fait des doutes envers lui en raison de sa mauvaise intention qui avait visé la division du monde arabe. L’auteur, à travers ces essais, essaie de diversifier les thèmes, de dépeindre des personnages d’ordre historique, social, culturel, dans des espaces et des temps différents. Mais il les actualise dans le but de donner une nouvelle et belle image aux lecteurs afin qu’ils puissent connaitre le patrimoine national et universel.

*Roland Barthes. Plaisir du texte. Éditions du seuil.1973

Par Abdenacer mebarkia

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