Rendez-vous au paradis de Zouhir Koudia : Paradis terrestre ou Paradis après la mort ?

, par  Abdennacer Mebarkia , popularité : 6%

La majorité des théoriciens de la littérature affirme que les textes littéraires diffèrent par les caractéristiques, par les traits, par les thèmes, selon les penchants et les convictions des écrivains. Il existe des textes qui abordent des thèmes sentimentaux, des thèmes sociaux, des thèmes philosophiques, des thèmes en science fiction ..etc. Il est à signaler, en même temps, que les sémioticiens français s’intéressent beaucoup à la titrologie, en essayant de trouver des ressemblances entre la signification du titre et du contenu dans un récit littéraire. Le titre de la nouvelle « rendez-vous au paradis « renvoie le lecteur, sans nul doute, aux valeurs religieuses.

Le paradis est un monde de l’après mort, promis par DIEU pour les bienfaiteurs, pour les gens qui respectent les principes fondamentaux de la religion, justice, droiture, tolérance, demande de pardon, honnêteté. De plus, le paradis cité dans le coran est un monde plein de fruits délicieux (raisins, dattes, figues), des eaux douces, de belles femmes. Un monde inimaginable, inconcevable. Je signale dans ce sens que Jean Paul Sartre avait écrit une pièce théâtrale, son intitulé « l’enfer » ses deux héros décidèrent de voyager vers l’enfer pour voir ce qui se passe là bas (voyage fictif)comme celui du travail du poète arabe Maari dans son œuvre ( la lettre du pardon)resalât el ghofrane....en fin de compte, ils avaient trouvé un grand bonheur à l’intérieur de l’enfer. Les tortionnaires n’existaient pas, tout le monde menait une belle vie, pas de guerre, pas d’injustice, amitié, sincérité…Sartre voulait créer à travers sa philosophie un paradis terrestre. Son héros criait à haute voix ¨ l’enfer c’est les autres…l’enfer c’est les autres. Il voulait tout simplement dire que l’être humain est le responsable de ces sales guerres, de ces douleurs de faim, de ces souffrances provoquées par la loi de la jungle.

Le paradis terrestre n’est pas loin de nous si nous respectons la vie humaine. L’auteur abordait , dans sa nouvelle, des questions d’ordre psychologique, sentimentale, morale, sociologique…il est bien clair que le phénomène des femmes célibataires constitue un grand problème dans notre société, qu’on ne peut pas le solutionner facilement. On a besoin de chercheurs qui se doivent de faire un travail sérieux, par obligation morale, dans le but d’éviter les choses qui nous plongent dans l’inconnu.

Tout le monde est d’accord pour que nos jeunes filles puissent se marier et fonder un foyer qui est le noyau de la cellule familiale et le pivot de la société. C’est ce que vient de raconter l’auteur Koudia à travers son personnage CHAFIA , femme célibataire qui préférait endurer sa malchance et supporter ses grandes souffrances. CHAFIA attendait des années et des années pour que son rêve se réalise, mais le vent était à contresens. Malgré que cette jeune femme ait un très bon comportement et une bonne conduite envers son père, envers ses voisins, la malchance l’avait frappée durement. Je pense que tous les êtres humains se mettent d’accord, quand il s’agit d’une femme qui reste célibataire. Dans ce sens, la femme ne peut plus intérioriser ses sentiments, ne peut plus cacher ses désirs naturels.

L’extériorisation est une nécessité humaine, là il faut trouver des solutions logiques et sociologiques, dans les règles de la morale.

Revenons à la question de la construction narrative du texte » rendez-vous au paradis ».L’auteur faisait un discours narratif élogieux de son personnage principal ـ SI SLIMANE « , il lui adressait des compliments en matière de vertu, de morale, de droiture, d’honetteté. Dans ce cas, l’auteur se mêlait à son personnage principal et devenait auteur et narrateur en même temps. Il y a une grande entente entre les trois acteurs ou actants ‘selon GREIMAS...Auteur, narrateur, héros. La situation initiale du récit est très belle, une description attractive. Si Slimane, un Algérien modeste, sympathique, attaché à sa terre, bienveillant, tolérant. Si on applique les fonctions des personnages de VLADIMIR PROPP..la première fonction est celle de la vie paisible de la famille si Slimane, rien ne manque, une ambiance totale régnait dans la maison.. Deuxième fonction : c’est l’éloignement ; la mort de l’épouse de si Slimane avait laissé un creux familial difficile à en supporter.Troisème fonction : le méfait ; la solitude que vivaient CHAFIA et si SLIMANE. Autre fonction..la réparation de la situation¨¨ selon les faits du récit, la situation est irréparable, à mon sens, l’amitié entre Chafia et Brahim restait sans résultats. Il est à noter que les contes populaires chez PROPP se terminent par un mariage, comme les contes algériens. La langue poétique : L’auteur, en toute franchise, possède une langue narrative et poétique belle, il savait bien chasser les mots et les placés dans leurs contextes. La description des lieux est, aussi, poétique.

Mes dernières remarques sont relatives à celle de la structure narrative. Il y a un surplus en matière de description, dans les premières pages, l’auteur pourrait limiter cette longueur descriptive.

Autre chose, la littérarité se repose sur la dualité, sur l’action et l’action contraire, sur le héros et l’anti_héros, sur les faits contradictoires. On remarque que le héros si Slimane n’a pas d’opposants à travers le récit. Le temps narratif était linéaire, pas de croisement temporel. L’enchainement des faits était pratiqué d’une manière classique, c’est le style de Balzac, de Maupassant, de Dostoïevski à l’époque. Le narrateur dominait toute la scène. « La nuit, Chafia ne parvient pas à fermer réveiller ; elle aurait eu le temps d’imprimer son image dans sa mémoire.l’œil ; elle passe… » p4. » (( Si Slimane… Le reste du temps, il est plongé dans l’adoration. Les heures de retraite dans la mosquée »p1. En ce qui concerne la description de l’espace, l’auteur dispose d’une grande capacité de narrer, il survole tous les lieux minutieusement. « Aujourd’hui, merveilleuse journée du mois d’octobre, un soleil doux succédant à une semaine de vent et de pluie, fait son apparition dans le ciel. L’automne ne s’est jamais annoncé aussi beau et l’on peut lire la joie sur tous les visages. Un air de fête règne sur le village : c’est aujourd’hui que commence la campagne de la cueillette des olives. » page2. « La petite maison a une apparence ordinaire ; elle témoigne même de l’humilité de la vie à l’intérieur . »p4« Si Slimane… Sa vie, il l’a consacrée à la méditation et au service de sa communauté... Sa sagesse, sa droiture. »p1.

En dernier lieu, je tiens à féliciter les nouvellistes, LAID MOKRANI, recueil de nouvelles...Routes de brumes. ZOUHIR KOUDIA, rendez-vous au paradis.DJAMEL BEN SEGHIR...La statue d’un fonctionnaire inconnu(en langue arabe) pour leurs volontés. Ces écrivains avaient honoré la ville de BORDJ BOU ARRERIDJ et honorent encore la scène littéraire algérienne.

PAR ABDENACER MEBARKIA

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria