La jeunesse terrifiée

, par  Rebbache Laid , popularité : 1%

Durant la guerre d’Algérie (1954-1962) un recensement militaire des citoyens en parallèle à la carte nationale d’identité a été obligatoirement exigé par la gendarmerie mobile en exercice dépendante de l’occupant afin de pouvoir maintenir l’ordre et mater la révolution.

Tout citoyen est porteur de cette carte de recensement militaire individuelle et du dépôt d’une fiche dans le cadre de ce recensement englobant tous les membres de la famille et présentée à chaque contrôle et de vérification à la demeure du citoyen.

Tout hôte venu devrait être déclaré à la gendarmerie mobile ainsi qu’à son départ. Cette opération nécessite des va et vient dans les besoins. Gare à ceux qui ne respectent pas les consignes déjà annoncées par les hauts parleurs placés dans les artères de la ville et les faubourgs. Ceux qui agissent contrairement à ces ordres sont sévèrement arrêtés (l’hôte et le chef de famille).

Ce recensement sanctionné par une demi feuille de papier 21 x 27 par duplication en sorte d’imprimé et rempli avec tous les renseignements ainsi que la photo portant un numéro d’ordre par classement délivré auparavant par la gendarmerie mobile de façon à faciliter le contrôle. Des absents ont été constatés lors des inspections à domicile, où sont-ils, les autorités occupantes ont fini par prendre connaissance des départs, ces absents ont regagné le maquis.

Du mont de nos montagnes, l’appel à la révolte contre l’envahisseur est officiellement déclaré.

Le pouvoir militaire français n’a trouvé de solution que d’empêcher les jeunes à regagner les djebels( montagnes) en créant le foyer sportif qui n’a que de nom.

La révolution s’est structurée et n’admet que les jeunes déclarés BSA (Bon Service Armé) par les autorités occupantes.

Des cartes d’adhérents obligatoires délivrées font le suivi des jeunes de la ville ainsi que ceux des faubourgs permettant d’intervenir en cas de défaillance d’absence à la date appropriée de chaque cité.

Ce bureau de suivi a été implanté à Bordj Bou Arreridj (actuel jardin public au centre de la ville prés de l’ancien bureau de poste) construit à la va vite par des baraques à la demande d’urgence sous la désignation en porte d’entrée SAS (Section Administrative Spécialisée).


Entrée du jardin public centre ville où étaient implantées les baraques du foyer
sportif qui n’a que de nom.

A l’intérieur les consignes sont connues et le suivi en permanence par la gendarmerie mobile.

Les absents malgré eux qui n’ont pas suivi les directives militaires ont été ramenés par force de leurs demeures après minuit et sont retenus durant trois jours, au minimum comme prisonnier et relâchés si la chance leur est ouvert, pour non respect à cette règle.

Cette opération s’est vu continuée et a pris fin jusqu’au jour où le cessez le feu (19 Mars 1962) s’est déclaré officiellement entre les représentants du GPRA et les autorités françaises.

REBBACHE Laid

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria