Eradication du chômage à Bordj Bou Arreridj : les banques doivent s’impliquer davantage

, par  Layachi Salah Eddine, Le Soir d’Algérie. , popularité : 14%

Les banques ne sont ni souterraines ni mafieuses, mais, il faut le dire, elles sont clientélistes.

En effet, malgré les modifications apportées par les pouvoirs publics au dispositif de soutien à l’investissement des jeunes pour leur faciliter, notamment l’accès au financement bancaire, force est de constater aujourd’hui que les choses n’ont guère avancé et que l’amertume, le découragement et la déception sont grands chez les jeunes candidats promoteurs qui ne comprennent pas et plus grave, ne croient plus en rien ! Cette situation de mal-être est dû à l’autisme bureaucratique et aux pulsions tatillonnes des bureaucrates dans nos banques et particulièrement au niveau régional, c’est-à-dire à Sétif.

Pour rappel, le dispositif mis en place dans le cadre de l’Ansej pour la réalisation des investissements s’opère selon un montage financier triangulaire : promoteur-Ansej-banques. Ce triptyque est devenu pour les jeunes porteurs de projets synonyme d’un véritable casse-tête chinois ! A ce titre, après une première étape consacrée à la constitution et au dépôt d’un premier dossier auprès de l’Ansej, cette dernière, à l’issue d’une étude technico- économique, délivre une attestation d’éligibilité. S’ensuit alors une seconde étape qui nécessite la constitution et le dépôt d’un autre dossier, suivi d’une négociation normalement assistée par l’Ansej, auprès de la banque pour l’octroi hypothétique du fameux accord bancaire.

Après donc les allégements apportés au dispositif depuis plusieurs mois, qu’en est-il des résultats à l’échelle de la wilaya de Bordj-Bou- Arréridj après pratiquement plus de deux ans de mise en œuvre ?

Selon le représentant de l’association des jeunes investisseurs, sur environ 9 000 dossiers présentés par des jeunes, seulement quelques centaines auraient reçu l’accord financier, sans compter le flou qui entoure les critères de sélection des dossiers et d’octroi du mirifique accord bancaire, sans compter l’inégalité patente, voire l’injustice dans la répartition des crédits accordés par activité, daïra et communes. Si l’on prend compte le fait que la wilaya de Bordj- Bou-Arréridj comprend 10 daïras et 34 communes, les agences bancaires de la wilaya sont les premières mises en cause et accusées de vouloir faire échouer le dispositif pour absence d’implication, voire leur inertie en tant que partie prenante.

Cependant, certains investisseurs affirment que tout se joue au niveau des barons des banques de la wilaya de Sétif et qu’au niveau des banques à BBA, on ne donne qu’un accord de principe, la question qui se pose est de savoir comment impliquer davantage tous les acteurs concernés par le développement local et par là même l’éradication du chômage des jeunes. En tout état de cause, les banques doivent impérativement rompre avec les pratiques clientélistes qui pénalisent les jeunes investisseurs voulant sortir de la précarité.

Layachi Salah Eddine

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria