Débrayage massif des lycéens

, par  Saadène Ammara, Le Soir d’Algérie , popularité : 3%

Il aurait fallu que les PES suspendent leur mouvement de grève, mercredi passé, pour que les lycéens décident eux-mêmes de prendre leur sort en main devant l’entêtement des profs et de la tutelle.

Ainsi, des centaines d’élèves affluant de pratiquement tous les lycées du chef-lieu s’étaient donné rendez-vous devant l’un des lycées du centre-ville, l’établissement Abdelhamid- Aktouf, qui sera le point de départ d’une marche vers les lycées Ali-Madoui et Zerrouki, les deux lycées-phares de la wilaya, où ils devaient inviter leurs camarades à quitter leurs établissements pour les accompagner dans leur protestation... Et ce fut chose faite.

Vigilants, mais à la limite de la passivité, les services de l’ordre ne faisaient qu’accompagner les « manifestants », tentant de temps à autre de canaliser leur itinéraire, histoire de contenir cette marée humaine.

Au bout du « parcours du combattant », les écoliers ont atterri devant le siège de la direction de l’éducation où ils ont observé un sit-in en demandant de parler au premier responsable du secteur. Visiblement convaincu de la justesse de leur cause, l’inspecteur de l’académie a reçu les représentants des protestataires, les a écoutés et a promis de transmettre leur souci à la tutelle, rapporte l’un des délégués des lycéens.

En fait, les apprenants s’étaient passés le mot d’ordre, pendant le week-end, on ne sait sous quelle influence, voire manipulation, pour réclamer, par écrit, l’annulation des chapitres relatifs aux programmes du 3e trimestre (limitation des leçons, disent-ils) pour tous les niveaux, notamment pour les classes terminales.

Au cours de quelques entretiens réalisés avec certains mécontents, ils déclarent : « Nous n’allons pas nous soumettre au calendrier de rattrapage et nous n’allons pas sacrifier nos vacances. Les enseignants n’ont pas le droit d’accélérer la cadence des cours aux dépens d’une assimilation progressive et réfléchie », expliquent les protestataires, visiblement menés par de grands stratèges.

Saâdène Ammara

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria