Ahmed Saber : Rebelle et engagé.

, par  Mokrane Mokrani , popularité : 2%

De son vrai nom, Benaceur Baghdadi, chanteur Algérien de contestation des années 50/60, né 02 Juillet 1937 et c’est en ce même mois qu’il est ravi aux siens,le 19 Juillet 1971 a Oran.Très jeune, il entra dans le métier d’écrivain public qu’il conserva jusqu’à sa mort.

Ahmed Saber a resurgit la musique bédouine dans un style Contemporain (Asri) mêlant le Rai, Wahrani et Rhumba, il vulgarise les textes les plus marquants de la chanson bédouine et n’hésite pas de dénoncer l’injustice, le favoritisme, les parvenus dans l’Algérie devenue libre, en y évoquant les joies et les souffrances d’un peuple.

Feu Ahmed Saber était également comédien. Il se distingua dans la pièce d’Ahmed Ben Touati (El Kenz) et également dans celle de Hadjouti Boualem (Zawaj El Youm).Le 10 Juin 1955, il jouait déjà dans une pièce donnée à Oran par la troupe de Mahiédine Bachtarzi, en compagnie de Keltoum dans (Bent El Ouaha) (la fille de l’Oasis).C’est juste après l’indépendance, que seront diffusées les célèbres chansons très explicites d’ailleurs, telles ( Jabouha Jabouha - Bouh Bouh Oual Khedma Ouelat Oujouh-Yji Naharek Ya El khayen Biaa El Batata), chansons pour les quelles le défunt subiras les foudre de la censure qui fera saisir ses disques, assistée par des médias s’estimant dépositaires de la vérité et de la connaissance absolue.

Parmi les personnalités côtoyées par Ahmed Saber, il y avait Cheikh Abdelkader El Khaldi, Cheikh Mimoun Mohamed Ben Aouda, les deux frères Saim el Hadj et Lakhdar de Sidi Bel-Abbès et de Si Omar Mokrani de chlef, personnage mystérieux qui inspira a Saber ces plus célèbres mélodies (Bakhta, Ouaktia, Charaa Allah ya kess , youm El Djamaa, jouab……).

Sa rencontre la plus déterminante fut assurément celle de Si Omar Mokrani. C’est un certain Mayouf Lahmar qui les mit en contact, Saber popularisa le poète en interprétant Ses textes. Etonnante jonction entre la poésie asnamie de Mokrani et les mélodies oranaises de Saber. En réalité, ils partageaient en commun une personnalité intraitable, un amour pour le dénuement matériel, le rejet du prestige social.

Si omar Mokrani naquit à Chlef dans une famille de religieux, il concilia une extrême religiosité avec des moments hautement épicuriens, c’était en somme une plénitude toute rurale, les rencontres paillardes, le cycle des Ouaadates,celles de Sid M’hamed et Sidi Abed qui duraient une semaine.


- Mokrani connut et surtout fournit en textes la plus part des poètes et interprète de Melhoun : Amri son ami intime, Mamachi,Attafi, Merdaci Metidji, Cheikh Bouras, Mazouni, Khaldi, Hamada et surtout Madani dont il était admiratif, il le surnommait (Cheikh Echeioukh). Mais il eut en sainte horreur les poètes qui s’impliquèrent avec le pouvoir, il évitait lui-même toutes les rencontres officielles et les mondanités, on évitait d’ailleurs de l’inviter.

Sa poésie avait cette particularité d’être à la fois limpide, pleine de souille et acerbe, tranchante et agressive, point d’allusion, rien que le mot assassin. Durant la colonisation, il n’épargna ni les caïds de la région de Chlef, ni les harkis, ni même le Roi du Maroc, lors de la guerre des frontières.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria