Le messager du FLN

, popularité : 1%

J’écris le passé du temps écoulé des évènements, celui où ma mémoire se remémore au présent sur ma perception visuelle non pas fictive mais réelle, de frissons encombrants mon corps, excité à l’écoute sans initiative où l’âge mineur me l’interdit.

Je ne puis me rappeler les dates précises durant la révolution ou de préférence la guerre d’Algérie . Notre logis de famille que ce soit au faubourg Lagraphe jusqu’à l’année 1959 ou au delà au faubourg des jardins était le lien discret de jonction des personnes honorables appelées par mépris les fellagha par les autorités occupantes.

La ferme agricole située à l’ouest du faubourg Lagraphe (actuellement entourée par l’urbanisation en extension de ce faubourg) dont la famille ABID exploitait ces terres en métayage. Cette famille bénéficiaire de l’usufruit se composait des frères :MM.Belgacem,Baabouche et le muet .Ce domaine agricole, dont la gestion est confiée à Mr Baabouche ,était visité durant la révolution et en permanence par les maquisards où tous les problèmes posés, débattus étaient résolus .

Des correspondances sont adressées à des personnes physiques de contacts dans BBA ville. Parmi ces lettres ,une fera l’objet de notre parcours et qui devrait arriver au faubourg souk (démoli et transfert de ses habitants à d’autres cités construites -actuelle cité administrative sud de la ville).

Il fallait coûte que coûte remettre le message à son destinataire malgré les obstacles posés par l’armée coloniale dont BBA ville n’avait que quatre issues d’entrée et de sortie, barricadées à l’aide de fils barbelés, contrôle des personnes et des véhicules de passage .

Mr Baabouche est passé me voir à la maison vers seize heures environ en m’invitant comme à l’accoutumé à prendre une banane au faubourg souk .La lettre au format de carte de visite (la plus petite et la plus utilisée) dans la poche, inaperçu de vision et ce à mon insu de son contenu .Dans son véhicule 2cv Citroën, je me plaçais à coté de lui. Le parcours prend son départ faubourg des jardins, comme convenu et avant d’arriver au premier contrôle de la gendarmerie (démolie, nouvelle construction en MUSEE du MOUDJAHID ) ,je descendis à cent mètres environ de la barrière, moi je passe sans être fouillé comme d’habitude et un peu plus loin, je le voyais physiquement exploré tandis que d’autres gendarmes s’acharnaient sur la voiture, capot et malle relevés, portes ouvertes, intérieur minutieusement inspecté et rien d’anormal, il continua sa route pour me replacer à cinquante mètres plus loin dans la voiture.

La rue saint Claude (actuelle Md Zerrouki ) était le parcours dans BBA ville .Deuxième contrôle ,je descendis du véhicule à proximité de la pâtisserie orientale (Tounsi ) et le même scénario se produisait .A l’école maréchal Joffre-est (actuelle Benbadis- est ) ,je me replaçais dans la voiture pour atteindre notre destination.

Stationnement l’exige devant une maison dont le toit couvert en tuiles, une partie de cette dernière ouverte à titre de magasin de fruits et de légumes frais, une fontaine publique existait en cette période près de ce marchand .Mr Baabouche descendait du véhicule et s’entretenait durant deux à trois minutes avec une personne de cet étalage .Il revenait pour le courrier avec la banane promise .Mission accomplie et le retour sans le moindre risque effrayant.

Il n’est pas ignoré que toute la ville et ses faubourgs étaient étroitement sous surveillance policière et militaire.

Dès l’indépendance, j’avais compris que l’enrôlement des jeunes durant la révolution, c’est les préparer à la relève.

Rebbache Laid

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria