Le 2e bureau ou le ballet de la torture

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Dès le déclenchement de la révolution et pendant toute la durée de la guerre, la ville de B.B.A. a été, comme toutes les autres villes d’Algérie, envahie de militaires occupant les infrastructures ci-après :

- Ancienne caserne (démolie : actuelle citadelle) renforcée,

- Ecole BENDIAB Rachid (réquisitionnée) pleine,- Ecole BENBADIS ouest (réquisitionnée) pleine,

- Gendarmerie Nationale (démolie : actuellement Musée du Moudjahid) renforcée),

- Gendarmerie Nationale (construite pleine),

- Gendarmerie Mobile (construite pleine),

- Police (centre ville renforcée),

- Salle des fêtes (pleine : actuelle salle Bachir El Ibrahimi),

- Cité des combattants route d’Alger (démolie : actuel nouveau siège de la Wilaya) pleine,

- Château El Mokrani (transformé en infirmerie militaire),

Certains citoyens ,une minorité, savaient et d’autres ignoraient que la révolution a éclaté, les médias l’ont confirmé par des attentats et des attaques dans plusieurs villes du pays. Les illettrés n’ont rien compris, commence alors l’écho de bouche à oreille.

Les militaires de l’occupant avec leurs véhicules (jeep, 4x4, camions et chars blindés) errent çà et là en ville comme dans les faubourgs, la peur s’est peu à peu installée dans l’esprit des citoyens et ces derniers, au fur et à mesure que le temps passe, ont été la cible de la surveillance par la propagation de la terreur inouïe, et ce temps là reste douloureux.

La bataille commence entre colonisateurs et colonisés. Les têtes baissées, vaincues en provenance de DIEN BIEN PHU croyaient à une proie facile en Algérie en mettant en place un vaste système de répression et rien ne pourra faire obstacle à la lutte par les épris de liberté . Maquisards et résistants civils sont les principaux devants de la scène aux harcèlements des autorités occupantes.

Devant cette ampleur, le colonisateur procédait à des arrestations. L’armée affirmait que la justice civile était faible et fut ignorée du droit de regard sur les détentions, les gardes à vue etc....et de cette opération de puissance est né le 2ème bureau.

A B.B.A., le 2ème bureau a été implanté à l’ancienne caserne (actuelle citadelle). Ce bâtiment affecté au logement des soldats-les spahis- à la vue ne représente que des éléments affectés à la remonte. Des chevaux font le va et vienten entrée et en sortie et personne ne pourra semer le doute sur cette caserne.

Une partie de cette dernière est réservée à ce triste bureau, les invités à l’interrogatoire sont emmenés par véhicules militaires dans ce coin sanguinaire à l’insu de l’entourage où des spécialistes faisaient le pire aux détenues.

Toutes les arrestations multipliées et les interrogatoires appliqués sont du ressort de ce sinistre bureau, des personnes conviées à subir ces tests funèbres ont confirmés après leurs libérations que ce 2ème bureau était le ballet de la torture. Les moyens utilisés dans cette pratique macabre sont : l’électricité, l’eau, les coups, la pendaison etc....Cette torture, où de simples soldats procédaient à l’exécution de cette méthode horrible pour arracher des aveux à leurs victimes avec encouragement de l’autorité suprême militaire, est la souffrance imposée par les militaires qui ont tous les droits sur les personnes arrêtées même la mort.

La justice civile écartée, l’armée coloniale s’est substituée afin de commettre des atrocités.

Une fois l’indépendance acquise, les autorités locales ont décidées de bien faire disparaître cette caserne en souvenir de l’amertume.

La citadelle, fierté de la ville de Bordj Bou Arreridj, aux couleurs verdoyantes, reposantes aux odeurs répandues dues à l’ornement naturel des fleurs laissant les citoyens en état d’épanouissement.

Montrer aux citoyens, future génération, que cet espace vert au bon milieu de la ville était avant l’indépendance une ancienne et première caserne militaire depuis la prise de B.B.A. en 1871.

Météo

Bordj Bou Arreridj, 34, Algeria